Des jeunes polyhandicapés dans un centre de loisirs ? Oui, et pour le bien de tous !

Zoom sur un partenariat inclusif entre un centre de loisirs de Gironde et l’Etablissement pour Enfants et Adolescents Polyhandicapés Archipel Aliénor (EEAP) situé à Blanquefort, de l’APAJH Gironde.

Dans le cadre de son engagement en faveur de l’inclusion, l’EEAP Archipel Aliénor a initié un partenariat avec un centre de loisirs du territoire.

 

Tout a commencé en février dernier, avec une première rencontre entre deux jeunes en situation de polyhandicap, Mehdi et Sabrina (12 ans), accompagnés par les équipes de l’EEAP Archipel Aliénor et les enfants du centre de loisirs, au sein même de cette dernière structure.

« Mehdi et Sabrina ont été choisis car ce projet correspond pleinement à leur projet de vie.
Pour Sabrina, interne et pupille de la nation, ces sorties sont essentielles pour s’ouvrir au monde extérieur. Mehdi, lui, a un profil différent. Il est marchant et réussit davantage à communiquer. Le fait qu’ils aient deux profils différents enrichit la rencontre auprès des jeunes du centre aéré et cela permet à Mehdi de faire le lien entre eux et Sabrina.
 » souligne Pamela Demptos, éducatrice spécialisée à l’EEAP Archipel.

L’objectif  ?

  • Proposer un temps convivial à Mehdi et Sabrina, dans un « cadre ordinaire », tout en inscrivant la démarche comme une action cohérente avec leur projet de vie ;
  • Sensibiliser les enfants du centre de loisirs au polyhandicap ;
  • Favoriser les échanges, les questions et la compréhension de l’autre.

En amont, un travail de sensibilisation avait été mené auprès des enfants du centre de loisirs mais également auprès de Mehdi et de Sabrina afin de préparer au mieux cette rencontre.

La première rencontre fut alors riche en émotions :

Accueillis dans un cadre bienveillant, Mehdi et Sabrina ont rapidement suscité curiosité et intérêt auprès de leurs camarades.

Les enfants du centre aéré ont appris à :

  • prendre le temps de comprendre l’autre et à entrer en relation,
  • se familiariser avec les outils de communication alternatives et améliorées (comme les pictogrammes).

Très vite, les liens se sont créés.
Mehdi, porté par l’énergie du groupe et parce qu’il y avait de la musique, a entraîné les enfants dans une dynamique joyeuse et fédératrice.

Sabrina, plus discrète, a réussi à communiquer et à faire part de ses émotions à travers ses regards, ses sourires et ses réactions sensorielles, accueillies avec douceur par les autres enfants.

Cette première rencontre a confirmé que l’inclusion ne s’impose pas, elle se construit ensemble pour mieux durer.

Face à la richesse de cette rencontre, les équipes ont souhaité prolonger l’expérience.

Depuis, un rendez-vous mensuel au centre aéré (de 10h15 à 13h) a été instauré :

  • Les enfants ont alors pu partager dernièrement un compte sonore ;
  • Mehdi et Sabrina ont même eu la possibilité de déjeuner avec les autres enfants à la cantine, sur un temps où l’ambiance était plus apaisée et adaptée à leur sensorialité.

Autre évolution marquante : ce sont désormais les enfants du centre de loisirs eux-mêmes qui imaginent et proposent les activités à partager.

Une inclusion bien réelle :

Aujourd’hui, les effets de ce projet sont concrets :

  • Les enfants du centre aéré ont évolué dans leur regard sur le handicap,
  • Mehdi et Sabrina ont trouvé leur place et s’épanouissent dans ces temps partagés.

Très vite, les jeunes ont saisi une chose : les différences ne sont pas des obstacles… simplement des réalités à apprivoiser, à condition d’adapter l’environnement.

Ce projet illustre donc une conviction forte : l’inclusion se construit dès le plus jeune âge, par la rencontre, l’adaptation et le respect.